Résultats de la quatrième enquête européenne sur les conditions de travail

La Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail vient de communiquer les résultats de sa quatrième enquête sur les conditions de travail dans l’UE. Voici un aperçu des principales conclusions.


 
 
Quatrième enquête
Les enquêtes de la Fondation européenne sont réalisées tous les cinq ans depuis 1991. Elles donnent une image fiable de l’évolution des conditions de travail dans l’UE. Dans le cadre de la quatrième enquête, les travailleurs ont pu s'exprimer sur des thèmes comme l’organisation du travail, le temps de travail, l’égalité des chances, la formation, la santé, le bien-être des travailleurs et la satisfaction au travail. Les interviews ont été réalisées à la fin 2005 auprès d’environ 30 000 travailleurs de 31 pays (25 Etats membres de l’UE, les 2 pays candidats de l’époque – Bulgarie et Roumanie – ainsi que la Croatie, la Norvège, la Suisse et la Turquie).

Évolution
Malgré l’adhésion de dix nouveaux États membres au 1er mai 2004, la progression des formes d'emploi non traditionnelles – travail à temps partiel et travail temporaire – et l’augmentation du nombre de femmes sur le marché de l’emploi, les conditions de travail sont restées assez stables dans l’UE depuis 1991. En Belgique, 21,5 % de la population active travaille à temps partiel et 8,6% dans le cadre d’un contrat temporaire. Le pourcentage de femmes travaillant à temps partiel dans notre pays, soit 40,5%, est assez remarquable. L’enquête montre également que suite au vieillissement de la population européenne, qui touche de nombreux pays européens dont la Belgique, 15% de la population active partira à la retraite dans les dix prochaines années. L’enquête précise que 52,3% des travailleurs belges déclarent qu’ils se sentent capables d’exercer le même travail jusqu’à l’âge de 60 ans. Cette évolution constitue pour nos décideurs un sérieux défi. Elle démontre aussi toute l’importance de la création de conditions de travail permettant de garder les travailleurs âgés plus longtemps au travail, notamment pour accompagner les jeunes.

Bien-être au travail
Les travailleurs européens sont de moins en moins nombreux à penser (35%) que leur sécurité et leur santé sont mises en danger au travail, même si ce pourcentage est nettement plus élevé dans les nouveaux États membres que dans l’UE15 (15 anciens États membres). Les problèmes de santé les plus fréquemment signalés sont les affections musculo-squelletiques (maux de dos et douleurs musculaires), suivies par la fatigue, le stress et les maux de tête. Dans ces domaines, la moyenne belge est inférieure à la moyenne européenne. 19,4% des travailleurs belges interrogés déclarent souffrir de maux de dos, 17,2% de douleurs musculaires, 18,7% de fatigue et 10,5% de maux de tête contre respectivement, 24,7%, 22,8%, 22,5% et 15,5% à l’échelle européenne. Le nombre de travailleurs dans les secteurs traditionnels physiquement lourds, comme l’agriculture, est en diminution. Néanmoins, 62% des travailleurs européens disent être exposés à des mouvements répétitifs de la main ou du bras pendant au moins un quart de leur temps de travail, ce qui représente une hausse de près de 5% par rapport aux résultats de 2000. L’exposition aux vibrations et au bruit a également augmenté de quelques pour cent. En revanche, l’exposition aux rayonnements, à la manipulation de substances ou de produits chimiques ou encore à la fumée, aux vapeurs, à la poussière et à la poudre a légèrement diminué. L’une des évolutions les plus claires mises en évidence par cette enquête concerne l’augmentation de l’intensité du travail, surtout dans l’UE15. En Belgique par exemple, l’intensité du travail a augmenté de 14% entre 1991 et 2005. A noter que les résultats belges en matière de violence, de harcèlement et de discrimination due à l’âge sont tous supérieurs aux moyennes européennes.

Équilibre travail / vie privée
L’enquête montre que les femmes qui travaillent à temps partiel prestent plus d’heures que les hommes qui travaillent à plein temps dès lors que l’on comptabilise leurs activités ménagères et éducatives. D'autre part, la mise en place d’horaires de travail flexibles s’avère laborieuse. 61,7% des travailleurs belges déclarent avoir des horaires peu flexibles. Néanmoins, les travailleurs qui ont des horaires de travail réguliers et prévisibles se déclarent souvent satisfaits sur le plan de l'équilibre entre travail et vie privée. 14,7 % des travailleurs belges disent avoir la possibilité de faire du télétravail à domicile. Ce qui est supérieur à la moyenne européenne qui se situe à 8,3%.

Usage de l’ordinateur
Enfin, on constate aussi que l'usage de l’ordinateur au travail a fortement augmenté dans l’UE. En 2005, environ 26% des travailleurs européens travaillaient en permanence ou presque en permanence avec un ordinateur, contre 13% seulement en 1991.
Pour plus d’informations sur cette enquête, téléchargez les résultats complets de l’enquête du site de la Fondation.

 

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