La campagne Move Europe est lancée!  La conférence d’ouverture de la campagne Move Europe – Bien dans sa tête, bien au travail s’est déroulée avec succès ce jeudi 26 novembre, au Square, à Bruxelles. L’événement, qui annonce une série d’initiatives autour de la promotion du bien-être mental, réunissait plusieurs acteurs du secteur public et privé. Un bref compte-rendu. Continuer sur la lancée
Marc de Greef, administrateur délégué de Prevent, est venu présenter la nouvelle campagne de l’European Network for Worplace Health Promotion (ENWHP), relayée par Prevent et ses partenaires. "La campagne Move Europe précédente s’est conclue sur une note positive, ce qui a motivé l’ENWHP à poursuivre sur cette lancée en lançant la campagne Bien dans sa tête, bien au travail, sur le thème de la santé mentale." Il a replacé l’action dans son contexte européen, se référant au Pacte européen pour la santé mentale et le bien-être. "L’Europe défend aujourd’hui une approche globale de la santé, combinant politique publique et politique d’entreprise. Les acteurs du secteur privé ont aussi leur rôle à jouer dans l’amélioration de la santé publique." Il a énuméré une série d’arguments clés destinés à convaincre les entreprises des avantages de la promotion de la santé tant au niveau de l’organisation que de l’individu, se basant sur le leitmotiv: "des travailleurs sains participent à une entreprise saine!"
Quelques chiffres sur le bien-être mentales en Belgique
Karen Roskams, de Securex, a présenté les principaux chiffres issus de leur enquête sur le bien-être mental en Belgique réalisée en 2009. L’enquête était structurée en Key Performance Indicator (KPI) (1): stress, work ability, mode de vie et énergie. Apparemment, 40% des Belges sont stressés et 60% disent être confrontés régulièrement au stress. Concernant la capacité de travailler, 1 personne sur 5 dit avoir des plaintes physiques régulièrement et presque un quart des personnes interrogées disent même ne pas se sentir en "état psychique" pour travailler. Il faut dire que le mode de vie des Belges laisse un peu à désirer: environ la moitié d’entre nous pratiquent une activité physique moins de trois fois par semaine et mangent moins de deux fruits par jour, sans compter la consommation encore fréquente d’alcool et de tabac. Le KPI "énergie" révélait, lui, qu’un tiers des sondés se sent moins en forme et actif qu’avant.
Les Belges ont une perception assez négative de la charge de travail et de l’intensité du travail. Ce sont en effet les deux facteurs obtenant les scores les plus bas et ayant un impact élevé sur le bien-être. Ils sont presque 50% à trouver qu’il existe trop peu de mesures pour encourager une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle.
Karen Roskams a également présenté l’approche de Securex sur ce qui rend un employé plus ou moins "opérationnel". Selon Securex, il y a trois niveaux: médical (soins médicaux), technique (mesures de prévention, analyse des risques,…) et comportemental (prise en charge de sa propre santé). "Le bien-être mental repose sur divers facteurs, mais au niveau de l’entreprise, l’employeur peut mettre en place un programme d’aide allant d’un système de gardiennage à des mesures favorisant la mobilité ou des services d’écoute pour les personnes vivant un passage difficile dans leur vie."
La santé dans son ensemble
Emilie Vanderstichelen, de l’Union des Mutualités Libres, autre partenaire de la campagne Move Europe, a insisté sur la santé perçue comme un ensemble. "Le bien-être mental passe par une bonne santé physique et vice-versa". Elle a illustré ce propos au travers des multiples actions de promotion de santé menées par l’Union et ses membres en Belgique, comme par exemple les bus itinérants présents lors des Journées bien-être en entreprise. L’Union dispose de supports informatifs sur plusieurs aspects de la santé mentale (dépression, suicide, etc.). Pour ne pas rester simple spectateur, l’Union a également lancé en interne l’action "Fit & Fun". "Depuis près d’un an, la thématique "promotion de la santé (mentale)" est travaillée au sein de l’entreprise avec le soutien des RH. Nous organisons des activités sur le bien-être faisant écho à ce que nous soutenons à l’extérieur."
Un travail individuel
D’après Els Wouters, du VIGeZ, les problèmes de santé ne se résolvent pas seulement par des actions de santé publique. "Chaque individu est responsable de sa santé, même s’il a parfois besoin d’être encouragé ou soutenu. Certaines personnes ne sont pas conscientes de leurs capacités." C’est pourquoi le VIGeZ a lancé il y a quelques années la campagne "Fit in je hoofd" qui, sur base d’un questionnaire individuel, offre 10 tuyaux pour aider les gens à renforcer leur résistance (p.ex. "parle de tes problèmes", "ose dire non", "bouge", "estime-toi à ta juste valeur", etc.). "Ces tuyaux peuvent être transposés à l’échelle de l’entreprise. Chacun d’entre eux s’accompagne d’une série d’idées ou pistes d’action qu’est invité à suivre l’employeur."
Els Wouters a également présenté trois piliers de la politique de santé tel que définis par le VIGeZ: activités de plaidoyer, facilités et éducation à la santé. Le premier pilier consiste à établir une politique d’entreprise et prévoir des interventions et des mesures concrètes (p.ex. dans l’organisation du travail). Par "facilités", le VIGeZ entend tout type d’adaptation des infrastructures qui peuvent réduire la charge de travail ou améliorer les conditions de travail (p.ex. mise à disposition d’aide à la manutention). Enfin, l’éducation à la santé passe par l’information et la sensibilisation, "sans laquelle rien n’est possible".
Exemple pratique
En guise de conclusion à la conférence, Linda Hendrickx, Health & Safety Manager chez Manpower, est venue présenter un exemple pratique de gestion du bien-être en entreprise. "Le bien-être repose sur des valeurs que nous défendons depuis la création de la société, à savoir le respect d’autrui, la mobilité interne, les qualités humaines,… Nous avons établi un code éthique que nous veillons à respecter. Chaque année, nous organisons d’ailleurs une enquête de satisfaction auprès du personnel et les résultats nous servent de base à l’élaboration d’actions futures." Selon Linda Hendrickx, "la politique de bien-être nécessite une structure propice au changement et une organisation dynamique." Manpower valorise fort la communication interne via leur site PowerNet, des réunions de département et des entretiens d’évaluation réguliers, "l’occasion de poser de nouveaux objectifs communs et individuels." "La diversité des services que nous offrons à notre personnel augmentent la satisfaction. Ils ont par exemple la possibilité de suivre de nouvelles formations, de faire part de leurs problèmes via l’enquête annuelle ou des entretiens individuels. Nous garantissons une grande flexibilité à ceux qui le désirent, ce que choisissent beaucoup de jeunes mamans." De même, le département Health & Safety organise chaque des activités ludiques. "Cette année, nous avons organisé une semaine de la santé en parallèle à la Semaine européenne pour la sécurité et la santé au travail."
Bien dans sa tête, bien au travail
Comme l’ont démontré les différents intervenants, la promotion de la santé au travail a toute sa raison d’être puisqu’elle participe à l’amélioration de la santé en général. Tout le monde y gagne, tant l’individu, l’entreprise que la société. Espérons dès lors que la campagne portera ses fruits.
(1) Paramètres représentatifs de divers aspects (en général activités) de l'entreprise et qui permettent d'évaluer la performance globale de cette dernière en fonction des objectifs à atteindre. Ces indicateurs ont pour but de fournir aux managers de l'entreprise des tableaux de bord pour mettre en place des actions.
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