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Politique en matière d’alcool dans les entreprises belges

Prevent a effectué une enquête sur la politique en matière d'alcool dans les entreprises belges. Les chercheurs en ont retiré de nombreuses conclusions intéressantes.


 
 
L'enquête
Quatre grandes questions étaient au centre de l'enquête:
1. Dans quelle mesure les entreprises sont-elles confrontées aux "buveurs à problème" et tolèrent-elles la consommation d'alcool?
2. Les entreprises intègrent-elles une politique en matière d'alcool dans leur politique du bien-être?
3. A quoi ressemble en pratique cette politique en matière d'alcool?
4. Quelle influence certaines attitudes de l'entreprise à l'égard de l'alcool ont-elles sur son approche de la problématique de l'alcool?

L'enquête, comprenant au total une vingtaine de questions, a été diffusée via internet. Elle s'adressait aux conseillers en prévention des entreprises. Parmi les 2500 entreprises contactées, 265 ont rempli le questionnaire. Les entreprises participantes appartiennent à différents secteurs et comptent des nombres variés de travailleurs. La moitié des entreprises emploie surtout des ouvriers, l'autre moitié emploie surtout des employés.

Alcool au travail
La consommation problématique chez les travailleurs a des conséquences négatives pour les entreprises: plus d'accidents du travail, plus d'absentéisme, moins de productivité, moins bonne ambiance de travail. Plus de 90% des répondants en sont conscients. Les entreprises elles-mêmes sont confrontées à des buveurs à problème sur le lieu de travail: dans 70% d'entre elles, il arrive que des travailleurs arrivent au travail en état d'ébriété; dans 40% d'entre elles, il arrive que des travailleurs soient ivres au travail et, dans 76% d'entre elles, il arrive que des travailleurs soient absents suite à des problèmes d'alcool.

La tolérance concernant l'alcool au travail a été examinée dans différentes situations: au repas, aux pauses, avec les clients, à des moments programmés, lors de circonstances spéciales. Une entreprise sur quatre pratique la tolérance zéro en matière d'alcool. Quarante-et-un pour cent autorise l'alcool dans une situation, une entreprise sur trois dans deux situations ou plus, une entreprise sur dix dans trois situations typiques ou plus. L'alcool est, de manière significative, davantage toléré dans les entreprises comptant surtout des employés que dans celles comptant surtout des ouvriers. Il ressort également de l'enquête que plus grande est sa tolérance envers l'alcool, plus l'entreprise est confrontée à des comportements problématiques en rapport avec l'alcool parmi ses travailleurs.

Une politique?
Aussi marquants que soient les résultats, seules 37% des entreprises intègrent une politique en matière d'alcool dans leur politique de bien-être. La politique en matière d'alcool cadre pourtant parfaitement dans la promotion et le développement de la santé au travail. Et cette dernière est présente dans quatre sur cinq des entreprises qui ont répondu à l'enquête.

Les entreprises sans politique en matière d'alcool ont néanmoins une bonne idée de ce à quoi une telle politique pourrait ressembler. Par contre, 84% des entreprises sans politique en matière d'alcool estiment qu'elles ne disposent pas en interne des connaissances suffisantes pour mettre en place une telle politique.

Relations politique en matière d'alcool – aspects liés à l'alcool
Les entreprises qui ont adopté une politique en matière d'alcool en ressentent les effets positifs. La sécurité du travail s'est améliorée dans près de neuf entreprises sur dix. Dans environ trois entreprises sur quatre, d'autres aspects se sont améliorés: santé des travailleurs, productivité, absentéisme, qualité des produits, atmosphère du travail et image de l'entreprise.

Cependant, ces entreprises ne sont pas moins confrontées à la consommation problématique d'alcool que les entreprises sans politique en matière d'alcool. En effet, dans 75% des entreprises ayant une politique en matière d'alcool, il arrive que des travailleurs viennent en état d'ébriété au travail, contre 67% dans les entreprises sans politique. L'état d'ébriété au travail ainsi que l'absentéisme lié à l'alcool se produisent également plus souvent dans les entreprises qui ont une politique. Il ne faut bien évidemment pas en conclure que la politique en matière d'alcool n'aurait pas d'effet sur le fait d'être confronté à des consommateurs à problème. C'est, au contraire, souvent parce que les entreprises sont confrontées aux buveurs à problème qu'elles mettent en place une politique en la matière. En outre, il se pourrait aussi que les entreprises sans politique sous-estiment la consommation problématique en leur sein.

Sur la base des résultats de l'étude, on pourrait déduire que la tolérance zéro se produit plus souvent dans les entreprises ayant une politique en matière d'alcool. Ceci n'est pas tout à fait vrai. Au total, 25% des entreprises pratiquent la tolérance zéro à l'égard de l'alcool. Dans 23% d'entre elles, cela n'est pas lié à une politique en matière d'alcool. Dans 26% de ces entreprises, il y a effectivement une politique. En fait, dans les entreprises sans politique en matière d'alcool, l'alcool n'est pas significativement plus toléré que dans les entreprises qui n'ont pas de politique.

En conclusion
Les "buveurs à problème" sont plus souvent et plus longtemps malades, sont moins productifs, causent plus d'accidents du travail et fournissent un travail de moins bonne qualité. En outre, ils détériorent l'ambiance de travail et ont un effet négatif sur l'image de l'entreprise. L'employeur en fait donc les frais.

Lisez le résumé du rapport alcoolrésumé.pdf


 
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